Candidature “Unique”: La gauche anti-libérale s’enfonce dans la confusion

décembre 10th, 2006

La semaine dernière a vu se dérouler ce qui ressemblait fort à une primaire de la gauche anti-libérale pour désigner un candidat. Les collectifs locaux ont voté et les résultats suivants ont été annoncés:
- Marie-Georges Buffet (PCF): 55%,
- Clémentine Autain (Apparentée PCF, adjointe au maire de Paris): 23%,
- Yves Salesse (Président de la fondation Copernic): 20%.

Cependant, faute de consensus sur le nom de Marie-George Buffet, le millier de délégués réunis depuis la veille à l’Ile-Saint-Denis, près de Paris, tentaient dimanche matin de trouver une solution de compromis pour une candidature antilibérale pour l’Elysée en 2007.

Mais pourquoi avoir demandé à leur militants de voter alors? Pour leur donner l’impression que leur avis a été pris en compte?

Chevènement se retire et monnaye sa candidature avec le PS

décembre 10th, 2006

Jean-Pierre Chevènement a annoncé sa décision de ne pas se présenter à la présidentielle et de soutenir la candidate socialiste.

Le président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) a fait cette annonce après la conclusion d’un accord politique avec le PS en vue des élections de 2007, accord qui vise à “définir un programme de législature qui constitue une alternative durable à une politique de la droite”.

“Personne ne me forçait à être candidat. Personne ne me force à retirer ma candidature (…) au profit de Ségolène Royal”, a déclaré Jean-Pierre Chevènement devant des militants de son mouvement réunis en convention nationale à Paris. Il a ajouté qu’il le faisait “en pleine conscience pour ouvrir la voie à un dynamisme positif au premier tour”.

Mais au delà du “dynamisme positif”, le volet électoral de l’accord entre le MRC et le PS prévoit des ententes pour les législatives de juin avec dix circonscriptions réservées à des candidats du MRC soutenus par le PS, qui seront donc des candidats communs aux deux partis.

Bref, le PS vient de monnayer un candidat de gauche en moins. Dans la mesure où celui-ci avait rassemblé 5.3% des votes du premier tour en 2002, le tandem Hollande/Royal fait là, à nouveau, une excellente affaire.

Augusto Pinochet est mort

décembre 10th, 2006

Augusto Pinochet est décédé ce dimanche soir. Il avait 91 ans.

Sa mort a été annoncée par la télévision chilienne puis confirmée officiellement par l’hôpital militaire de Santiago où il avait été admis dimanche dernier après avoir été victime d’une crise cardiaque. Augusto Pinochet a dirigé le Chili entre 1973 et 1990.

Son régime militaire fut l’un des plus répressifs d’Amérique latine. 3000 personnes sont mortes ou ont disparu durant sa dictature, selon les organisations de défense des droits de l’Homme

Philippe de Villiers investi candidat du MPF “100% anti-socialiste”

décembre 10th, 2006

Philippe de Villiers a été officiellement investi samedi pour représenter le Mouvement pour la France (MPF) à la présidentielle, pour laquelle il se voit comme “le seul candidat 100% anti-socialiste”.

Les 200 délégués départementaux du MPF, réunis dans la matinée lors d’un conseil national extraordinaire à Paris, ont voté “à l’unanimité” l’investiture de M. de Villiers et approuvé son programme présidentiel, a indiqué à l’AFP Guillaume Peltier, numéro 2 du parti.

Nicolas Dupont-Aignan déclare sa candidature

décembre 8th, 2006

Le député UMP Nicolas Dupont-Aignan a décidé de se présenter en dehors de son parti à l’élection présidentielle et se veut le porteur des valeurs “gaullistes et républicaines”, face au projet “atlantiste et libéral” de Nicolas Sarkozy.

Son opinion sur les primaires à l’UMP: “Comment pourrais-je participer (…) à des primaires de pacotille”, organisées “entre Noël et le jour de l’An, à la va-vite?”, a-t-il ajouté. “Je ne me prêterai pas à cette mascarade”.

François Bayrou se déclare candidat

décembre 3rd, 2006

François Bayrou a officialisé samedi sa candidature à l’élection présidentielle de 2007 lors d’un discours prononcé dans un village de son Béarn natal (SERRES-CASTET, Pyrénées-Atlantiques), où il a invité les Français à prendre “un autre chemin”.

Fin du suspense: Nicolas Sarkozy sera candidat…

novembre 30th, 2006

…une annonce qui est en soit un double bide:

D’une part tout le monde était déjà au courant, d’autre part, la nouvelle devait être annoncée simultanement par de nombreux quotidiens régionaux, mais le contenu de son interview a été diffusé dès 18h hier sur le site web du journal Libération.

Voici l’intégralité de l’interview:

Etes-vous candidat à l’élection présidentielle ?
Ma réponse est oui.

Pourquoi ?
C’est une décision mûrement réfléchie. A titre personnel, elle n’était pas évidente. Cette décision m’engage ; c’est le choix d’une vie. C’est une lourde responsabilité vis-à-vis des Français auxquels je demande de me faire confiance. Je me sens la force, l’énergie et l’envie de proposer une autre vision de la France. J’ai l’ambition de créer une nouvelle relation avec les Français qui repose sur deux mots : confiance et respect, confiance en la parole donnée et respect de chaque Français pris individuellement.

Quel contenu donnez-vous à cette nouvelle relation ?
Faire de la France le pays où «tout peut devenir possible». Et cela pour tout le monde, mais d’abord pour ceux qui ont connu des épreuves, se sentent fragiles ou qui pensent que «rien n’est jamais pour eux». Quand tout sera redevenu possible, quand la promotion sociale, le droit à la propriété, une meilleure école pour ses enfants, un meilleur salaire pour soi, une réelle égalité entre hommes et femmes, seront des objectifs réalisables pour chacun, alors les Français retrouveront le goût de vivre ensemble. Et la nation française sera à nouveau un exemple pour le monde.

Pourquoi maintenant cette annonce de candidature ?
Je m’étais engagé auprès du président de la République à ce que 2006 soit consacré au travail gouvernemental et que la campagne ne démarre qu’en fin d’année. J’ai respecté mon engagement. Dans cette campagne je dirai tout avant afin de pouvoir tout faire après. Notre démocratie a besoin de franchise, d’honnêteté, de vérité.

Avez-vous fixé un terme à votre présence au gouvernement ?
Il est trop tôt pour répondre parce que ma famille politique n’a pas encore décidé de me soutenir. En tout état de cause, je ne serai plus ministre au moment de l’élection: en cela je serai le premier à m’imposer cette règle contraignante.

Vous êtes en pré-campagne depuis des années. Qu’est-ce qui va changer désormais ?
Depuis des années, j’ai la même volonté de renouveler le débat public. Je vais maintenant m’adresser à tous les Français, sans exception. Je pense entre autres aux catégories de la population auxquelles nous n’avons pas assez parlé : aux fonctionnaires, aux Français les plus récents, aux femmes, aux jeunes, à ceux qui n’ont plus d’espoir. Je vais leur parler de la France et de leur avenir. J’appelle la droite républicaine et le centre à s’ouvrir aux idées nouvelles afin que tous les Français puissent se reconnaître en nous.

Votre programme sera-t-il UMP ?
Lionel Jospin avait dit, en 2002, que son programme n’était pas socialiste. L’électorat socialiste l’a «compris». Il n’a pas voté pour lui. Qu’on ne compte pas sur moi pour tenir un discours qui ne soit pas fidèle aux valeurs de la droite et du centre. J’aime mon pays, je crois aux vertus du travail, du mérite, de la récompense et de l’effort. Mais je ne suis pas un conservateur car je crois au mouvement. L’ordre n’est acceptable que s’il est en mouvement. L’ordre juste, c’est juste de l’ordre. Je veux que l’avenir redevienne une promesse et cesse
d’être une menace. Les Français attendent des raisons d’espérer. Il n’y a de fatalité que pour ceux qui renoncent. Je n’en serai jamais.

Le mot rupture fait-il encore partie du vocabulaire de Nicolas Sarkozy ?
Oui car je veux rompre avec une façon de faire de la politique. Rompre, ce n’est pas la crise. A ceux qui voudraient m’appeler à la continuité, je pose la question : êtes-vous sûrs d’être en harmonie avec les Français ? Je veux rompre avec l’idée que l’on peut travailler moins et gagner plus, qu’en accueillant tout le monde, on peut intégrer convenablement, qu’on démocratise l’enseignement en abaissant le niveau des diplômes. A mon poste de ministre, j’ai profondément changé les choses. Je veux remettre la société française en mouvement.

Ségolène Royal n’incarne-t-elle pas mieux cette rupture ?
Le PS a choisi l’immobilisme. Je veux incarner le mouvement. Dans un monde qui bouge si vite qui peut penser que l’on peut demeurer immobile. Je veux une rupture tranquille. Cela fait quatre ans et demi que je gère la sécurité de la France. Cela demande beaucoup d’expérience et de maîtrise. Je veux les mettre au service de la France.

Quelle rupture incarnez-vous par rapport à Jacques Chirac ?
On peut être fidèle à son histoire, fier de son bilan et proposer pour les cinq années à venir un autre chemin. Je souhaite un président responsable et des contre-pouvoirs plus forts. Imaginer l’avenir et l’incarner c’est désormais ma mission.

On vous dit atlantiste, communautariste et libéral…
On dit tant de choses fausses et caricaturales ! Communautariste ? C’est un message. Je n’accepte pas qu’on importe des usages et des coutumes non conformes à nos valeurs républicaines. Atlantiste ? On est d’autant plus indépendant qu’on est amis. Libéral ? Cela serait réducteur. Je crois en la liberté. Mais je ne suis pas un idéologue. Et je pense que l’Etat et les services publics ne doivent pas être condamnés à l’impuissance. Ils ont tous leur rôle dans la société moderne que je veux bâtir.

Le PS est désormais en ordre de marche derrière sa candidate. A l’UMP, vous en êtes loin
Rarement la famille politique que je préside n’a été aussi rassemblée. Je n’y considère personne comme un adversaire.

Ce qui n’empêche pas des velléités.
Ce ne sont pas des velléités, ce sont des talents. Je les prends en compte car toutes les ambitions sont légitimes.

Jacques Chirac a eu 74 ans hier. Que lui souhaitez-vous ?
D’être heureux.

Une petite perle de Marie-Georges Buffet

novembre 28th, 2006

…lachée ce matin même sur RTL:

“Je pense que Ségolène Royal ne peut pas faire réussir la gauche”, puis quelques minutes plus tard:

“Pour l’instant, parce que justement la gauche antilibérale ne s’est pas encore mise en position de montrer qu’une autre voie est possible à gauche, elle représente cette possibilité de battre la droite”.

Décryptage: Ségolène ne peut pas faire réussir la gauche, mais elle peut quand même déjà battre la droite.

Et ce malgré la foire d’empoigne de la gauche anti-libérale pour se mettre d’accord afin de désigner un candidat pour les prochaine présidentielles.

Bon, finalement c’est la peine de présenter un candidat PC ou pas alors?

Jean-Marie Le Pen crédité de 17% d’intentions de votes au premier tour

novembre 24th, 2006

Vous aimez les sondages? Espérons parce que les 6 mois qui arrivent ne devraient pas en manquer…

D’après un sondage de l’institut CSA M. Le Pen obtiendrait 17% des suffrages au premier tour.

Jamais CSA n’avait attribué autant d’intentions de vote à M. Le Pen, ces 17% dépassant même le score de 16,86% atteint par le président du FN le 21 avril 2002.

Cet institut donne traditionnellement des intentions de vote élevées pour M. Le Pen. C’est encore le cas aujourd’hui.

Ipsos le crédite de 10%, l’Ifop de 11% et TNS-Sofres de 13%. Mais tous les instituts de sondage sont d’accord sur une chose: M. Le Pen est nettement plus haut qu’il y a cinq ans à même distance de l’élection. Ainsi, CSA créditait M. Le Pen de 9% en novembre 2001.

Source: Yahoo! News

Une petite pique en passant…

novembre 24th, 2006

Hier soir sur TF1, Nicolas Sarkozy a noté que le prochain président de la République va “trouver sur son bureau la question iranienne, l’indépendance du Liban, la sécurité d’Israël, la question d’une patrie pour les Palestiniens, la relance de la construction européenne”.

“Est-ce que (Mme Royal) pense qu’on peut se contenter de dire aux Français: ‘je vous écoute dites-moi ce que je dois dire et je suivrai’? […] On ne va pas passer les cinq mois de la campagne à dire aux Français: ‘écoutez, excusez-moi, je suis en panne d’idées, est-ce que vous ne pourriez pas m’en donner une?”

C’est pas ça la démocratie participative? :-)